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Le développement territorial de la région de Tanger au cœur des débats d’Al Mountada

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Tanja24
Al Mountada, Le Cercle Des Patriotes, a organisé le mercredi 19 décembre 2018 une table ronde sous le thème ” Développement territorial de Tanger et sa région : vers quels nouveaux paradigmes ? ” dans la ville du détroit.
Le sujet a fait l’objet d’échanges fructueux et pragmatiques ayant permis de mieux comprendre les enjeux auxquels fait face la région, et d’identifier les leviers d’un développement harmonieux et inclusif en phase avec les aspirations des Tangérois.
Pour en débattre, le think-tank a fait appel à des professionnels, des responsables du milieu associatif et des chercheurs : Hakim Abdelmoumen (Président de la Fédération de l’Automobile), Omar Moro (Président de la Fédération Marocaine des CCIS), Karim Cheikh (Président du GIMAS – Aéronautique), Adil Rais (Président de la CGEM Nord), Mohamed Abdi (Auteur d’un rapport sur les migrations pour le CESE), Rachid Taferssiti (Ecrivain et Président de l’Association El Boughaz), Abderrahman Sedikki, Yasmina Alaoui et Mostapha Abakouy (Enseignants – Chercheurs).
La ville de Tanger a connu ces dernières années un développement inouï, que ce soit dans les métiers mondiaux, le développement des infrastructures ou encore l’attraction des investissements directs étrangers. La Région sera, à horizon 2030, la première Région industrielle du Royaume dépassant ainsi celle de Casablanca-Settat.
En revanche, il n’y a pas eu l’effet d’entrainement escompté. Il reste à déployer des efforts considérables en matière de formation professionnelle afin d’accompagner les besoins du secteur privé, et ensuite à accélérer le développement de l’intégration des filières. Par ailleurs, les inégalités dans la région de Tanger sont de plus en plus criantes en termes de revenu.
Omar Moro pense qu’il est important de croire en l’industrie mais pas seulement, le secteur touristique est aussi très important pour la région. D’autres secteurs, notamment le commerce et l’artisanat, qui représentent pourtant d’importants bassins d’emploi ne sont pas priorisés par les politiques publiques et il conviendrait d’y remédier. Toujours selon Moro, les moyens de transport en commun, desservant notamment les zones industrielles, sont des axes fondamentaux pour le développement territorial, mais restent encore défaillants.
Lors de son allocution, Hakim Abdelmoumen a attiré l’attention sur le fait que “ce n’est pas l’automobile qui va développer tout le territoire national. D’autres secteurs pourraient être développés, comme par exemple le secteur de l’électroménager”. D’ailleurs, “les métiers mondiaux ne peuvent répondre eux seuls à tous les problèmes, mais pourraient être considérés comme un modèle de développement”. En effet, l’approche qui a été déployée par les pouvoirs publics en concertation avec les représentants des opérateurs privés, pourrait être dupliquée pour ces secteurs.
Ce même modèle de développement sectoriel a fait ses preuves en matière de formation professionnelle, en adoptant une approche public/privé basé sur la gestion déléguée.
D’ailleurs, pour Karim Cheikh, les efforts doivent être déployés sur “la formation, le talon d’Achille du développement”. Or selon lui aujourd’hui, les techniciens formés sont soit débauchés à l’étranger, soit par les entreprises concurrentes au sein de l’écosystème.
Monsieur Adil Raïs a affirmé que : « Tanger aujourd’hui, de par ses infrastructures : autoroutes, TGV dernièrement, ports est un pôle d’attraction exceptionnel au Maroc et je dirai au niveau africain également ».
Pour Mohamed Abdi, “le smic d’une ville est sa propreté et sa sécurité”. Tanger dispose de ce point de vue d’atouts majeurs : qualité de vie, infrastructures importantes et patrimoine valorisé. Par ailleurs, la Région de Tanger est centrale sur la question migratoire : “Face à la crise migratoire qui s’abat sur la méditerranée, le danger et les coûts élevés de passage par le couloir libyen, le passage obligé des flux migratoires par le couloir tangérois a fait que le Maroc n’est plus seulement un pays de transit mais aussi d’accueil. ”
Yasmine Alaoui et Mostapha Abakouy, quant à eux, synthétisent leurs travaux sur le marketing territorial par la proposition : “Le Tangérois a un attachement viscéral à son territoire. Il veut participer à son développement. Et c’est quelqu’un qui veut être entendu”.
Rachid Taferssiti plaide quant à lui pour “un développement harmonieux du territoire et de la population, respectueux de l’environnement et du patrimoine”. L’enjeu est de “faire du patrimoine un levier de développement”. Toutefois, et même si “le Tanger d’aujourd’hui dépasse mes rêves”, l’on ne peut que déplorer la “ruralisation de la ville de Tanger”.
En ce qui concerne Abderrahman Sedikki, la question est de savoir “comment concilier le développement et ses retombées pour les habitants ?”. Une partie qui est loin d’être gagnée d’avance, puisque “les métiers mondiaux n’ont créé que peu d’emplois”. Pour lui, c’est toute l’approche adoptée qui doit être changée. “Entre le modèle français, centralisé et basé sur des champions et une croissance exogène, et le modèle italien, plutôt déconcentré, basé sur des entreprises réparties sur le territoire et une croissance endogène, le Maroc profiterait bien plus des avantages de ce dernier”. Sedikki alerte : “Pour attirer les investisseurs, on s’ouvre. Or, s’ouvrir, c’est s’offrir… et souffrir”.


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