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L’enseignement de la langue espagnole repart à la hausse au Maroc

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L’année 2018 a connu une augmentation de l’activité académique du réseau de l’institut Cervantes au Maroc par rapport à l’année précédente, alors que des chercheurs s’inquiétaient du recul de la langue espagnole dans le royaume.

L’enseignement de la langue espagnole dans les centres culturels espagnols au Maroc a connu une nette progression au cours des dernières années, a souligné, mercredi à Rabat, le directeur de l’institut Cervantes de Rabat, Javier Galván Guijo, cité par la MAP.

En 2018, l’activité académique du réseau de l’institut Cervantes au Maroc a connu une croissance de 16,16% par rapport à l’année 2017, tandis qu’en 2017, 11% de plus d’étudiants marocains ont concrétisé leur volonté d’apprendre la langue de Don Quichotte, en comparaison avec l’année 2016. Des informations relayées par le coordinateur des centres Cervantès au Maroc lors d’une table ronde organisée par l’institut Cervantes de Rabat, sous le thème «L’avenir de la langue espagnole et l’hispanisme au Maroc».

Ces déclarations qui tranchent avec les mises en garde formulées en juin dernier par plusieurs chercheurs contre l’effacement progressif de la langue espagnole et de l’hispanisme au Maroc, éclipsés par le français et l’anglais. Dans un rapport, et chiffres à l’appui, ils faisaient état d’un véritable désintérêt des universités marocaines. Ainsi, l’université Abdelmalek Essaadi, dans la région Tanger-Tétouan, ne comptait en moyenne que 300 étudiants inscrits dans un cursus hispanophone chaque année. Une baisse des effectifs qui touche également l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah, à Fès, qui est passée de 1 229 étudiants hispaniques en 2008-2009 à 391 en 2016-2017. L’université Mohammed V de Rabat a quant à elle carrément suspendu l’option de littérature espagnole, faute d’étudiants.

Les autorités espagnoles en poste à Rabat observent également depuis une dizaine d’années le déclin de l’espagnol dans les écoles marocaines. Afin de pallier cette perte de vitesse, Javier Galván Guijo, qui est aussi le coordinateur de tous les instituts Cervantes au Maroc, travaille depuis deux ans à la création d’un Observatoire de l’espagnol afin de recueillir le plus grand nombre de statistiques sur cette langue.

Si la crise économique n’est pas étrangère à cet affaiblissement de la langue espagnole au Maroc, l’élite marocaine, majoritairement francophone, semble également lui faire de l’ombre, réduisant ainsi l’espace qu’il pourrait occuper dans le paysage linguistique du royaume. «Même si la Constitution appuie l’apprentissage des langues stratégiques pour le Maroc – en l’occurrence le français, l’anglais et l’espagnol –, le déclin de cette langue est dû au faible pouvoir de l’élite espagnole dans les décisions politiques. L’élite politique est avant tout francophone ; elle ne s’inscrit pas dans une perspective pour encourager l’espagnol dans le domaine de la recherche, de l’enseignement et de la coopération bilatérale», nous avait expliqué Abdelaali Barouki, chercheur à l’Institut des études hispano-lusophones et vice-président de l’Association marocaine des études ibériques et ibéro-américaines.

Se pose donc un défi : celui de convertir la langue espagnole en une langue très présente dans les domaines culturel et littéraire au Maroc, a déclaré mercredi José Sarria, chercheur en littérature hispano-maghrébine, appelant à cet égard à plus de réflexion et d’initiatives pour améliorer et mettre l’apprentissage de la langue au service de la société.

Les participants à cette table ronde organisée dans le cadre de la programmation culturelle du premier trimestre 2019, ont plaidé également à davantage de coordination entre les pouvoirs publics espagnols et marocains pour promouvoir la langue espagnole, notamment au sein des établissement supérieurs et universités marocaines.

Avec Map


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