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Farida Benlyazid: Un modèle de sagesse au féminin

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Figure proue du cinéma marocain, Farida Benlyazid est l’une des premières réalisatrices marocaines a avoir transposé la question féminine sur le grand écran. Curieuse et enjouée, cette militante tangéroise a su traiter les maux profonds de la société marocaine, par des scénarios aux rôles parfaitement interprétées, berçant le spectateur d’un halo d’émotion inattendu.

Ses yeux verts émeraudes reflètent une sérénité contagieuse. Complètement épanouie, elle a appris à prendre son temps pour goûter à la sensualité de la vie au quotidien.

Rencontrée dans le cadre du Festival international cinéma et littérature de Safi (FICLS), Farida Benlyazid s’est lancée en toute quiétude dans une discussion sur sa vie de réalisatrice, scénariste et productrice marocaine, mêlant des éclats de rire à des regards de bienveillance.

« Depuis que j’étais petite j’allais beaucoup voir des films, état donné qu’il y avait plusieurs salles de projection à Tanger. C’est aussi grâce à ma mère que je me suis consacrée au cinéma », confie dans un entretien à la MAP, cette pionnière du 7ème art national.

Après des études secondaires au Maroc, Benlyazid s’est envolée pour Paris, où elle décroche un diplôme de cinéma à l’Ecole supérieure des études cinématographiques ( ESEC).

Influencée par les grands maîtres asiatiques notamment le réalisateur indien Satyajit Ray et le Japonais Yasujirō Ozu, Farida Benlyazid signe son premier documentaire à Paris « Identité de femme », un portrait des femmes et de la migration, pour l’émission Mosaïque diffusé par France 3.

Sa première collaboration en 1977, fut avec le scénariste et acteur Jilali Farhati, dans le film « Une brèche dans le mur », projeté à Cannes dans le cadre de la Semaine de la critique, pour ensuite collaborer avec le même réalisateur dans le film, « Poupées de roseau ».

Elle réalise son long métrage Bab al-samâ maftooh (Une porte sur le ciel), qui en plus d’être une quête spirituelle serait le meilleur film de Farida. Sur ce sujet, la réalisatrice raconte que son chef opérateur lui dit: »Farida maintenant que tu as touché le ciel, comment peux-tu redescendre sur terre? ».

Pour cette femme engagée, une affection particulière est portée au roman « La vida perra » (La chienne de vie) de Juanita Narboni, qu’elle a adapté à l’écran sous le titre « Juanita de Tanger », qui est un monologue intemporel, difficile à situer.

« Un roman très humain, qui est l’histoire d’une femme espagnole qui délire après être restée toute seule à Tanger », explique-t-elle.

Évoquant la question féminine, Farida Benlyazid cite le film « Ruses des femmes » « Kaïd Ensa », une oeuvre projetée dans le cadre du FICLS et qui s’inspire de contes populaires et met en scène les stratégies et la ruse féminine pour parvenir à ses fins.

Sur ses projets futurs, Farida Benlyazid relève qu’elle s’est consacrée ces deux dernières années à la mémoire de la militante et sociologue Fatima Mernissi. « J’ai écrit un scénario pour le réalisateur Abderrahman Tazi, retraçant la combat de Fatima Mernissi pour la défense de la cause féminine », a-t-elle dit.

Très émue en parlant de sa grande partenaire et amie, Farida ajoute qu’elle a fait un repérage qui s’est basé sur le livre « Les sindbads marocains » qui donnera plus tard le ton au documentaire « Sur les pas de Fatima Mernissi ».

La réalisatrice tangéroise a également souligné l’intérêt de la première édition du FICLS, « un événement qui relie la culture et la littérature », deux formes d’expression artistique complémentaires.

Témoignant de son affection à Farida Benlyazid, l’écrivaine marocaine Bahaa Trabelsi a qualifié Farida de « modèle de sagesse avec ce supplément d’âme qui fait d’elle une grande artiste ».

« Il suffit de se souvenir de son film +Une porte sur le ciel+ pour comprendre la véritable teneur de la spiritualité. Notre spiritualité. Celle qui fait de nous des êtres d’amour et d’ouverture », a affirmé Trablesi, qui vient de publier son dernier roman « Souviens-toi qui tu es ».

Organisée par l’association Agora pour les Arts et D&R productions avec le soutien du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, en partenariat avec le Groupe OCP- Site de Safi et l’Ordre des avocats de Safi, le FICLS réunit, jusqu’au 31 octobre, une belle brochette de cinéphiles et de professionnels du monde du cinéma.

La compétition officielle de cette toute première édition comporte la participation de 9 longs métrages et de 7 courts métrages, représentant le Maroc, la France, le Canada Québec, la Turquie, la Tunisie, l’Égypte, le Cameroun, l’Espagne et la Russie.


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