الإشهار 2
ads980-90 after header

Au Danemark, un ramadan avec un avant-goût d’aigreur

إشهار مابين الصورة والمحتوى
الإشهار 2

A la veille du mois de ramadan, Copenhague ne semble pas avoir changé d’un iota son train de vie quotidien, tellement la ville tient à son caractère cosmopolite, agrémenté en prime par une présence considérable de communautés musulmanes, de diverses origines.

Métros, trains ou bus, tous les moyens de transport sont bondés de passagers. Routes piétonnes, magasins et centres commerciaux grouillent de clientèle, les terrasses de cafés sont au complet, … la capitale danoise, à l’image de l’ensemble du pays, respire à pleins poumons le souffle frais du printemps.

A une nuance près, cette image idyllique en cache une autre : Le royaume nordique, à l’instar des autres pays membres de l’UE, s’apprête à élire ses députés au Parlement européen le 29 mai, sur fond d’un débat houleux où la question migratoire focalise forcément les débats.

Mieux, le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a convoqué mardi des élections législatives pou le 5 juin prochain, dans un contexte politique rudement secoué par le risque inédit d’une montée en puissance de l’extrême-droite, avec comme tête d’affiche un provocateur qui, à multiples reprises, a sali, profané et brûlé le Saint Coran.

Autant dire que pour les musulmans du Danemark, ramadan 1440 de l’Hégire (2019), loin d’être une sinécure, promet d’être éprouvant en piété, comme en politique, mais surtout en termes de patience.

S’il est vrai que le prochain ramadan promet d’être plus clément (18 heures d’abstinence, contre plus de 20 heures il y a trois ou quatre ans), il n’empêche que, dans l’entre-temps, la raison mondaine a repris pleinement ses droits.

Nombre de musulmans du Danemark assurent avoir l’impression d’être constamment mis à l’épreuve à l’approche de chaque ramadan, rappelant dans ce sens les propos controversés tenus l’année dernière par la ministre de l’Immigration et de l’intégration, Inger Støjberg (parti libéral, Venstre), une dame connue par ses positions dures à l’égard de la question migratoire.

A la veille du précédent ramadan, Mme Støjberg s’est en effet fendue d’une tribune qui a fait beaucoup jaser sur l’aptitude des jeûneurs à s’acquitter correctement de leurs tâches ; une sortie qui n’a pas été forcément du goût de tous ses compatriotes, à fortiori ceux de confession musulmane.

Il est vrai que depuis son arrivée aux commandes en 2015 (au pic de la crise migratoire), après un passage par le ministère de l’Emploi et de l’égalité des chances, la redoutable “dame de fer” a mis les bouchées doubles pour infléchir le flux des migrants vers son pays, à coup de près d’une centaine de lois et mesures aussi restrictives les unes que les autres.

Résultat : Entre 2015 et 2017, du fait des tours de vis successifs, le nombre des demandes d’asile déposées a chuté de 75 %. Un exploit !

Sauf que l’arsenal mis en place, déjà d’une complexité telle que les plus téméraires des juristes peinent à en sonder les arcanes, a été renforcé en l’espace d’une année par d’autres mesures, à tout le moins discutables.

Ainsi en est-il de l’interdiction du niqab, de l’obligation de serrer la main pour obtenir la citoyenneté, du plan d’éradication des ghettos en 2030 ou encore, et pas des moindres, de la détention d’”indésirables” sur une île inhabitée.

Pour nombre d’observateurs, éditorialistes compris, ce train de mesures dans un pays de 5,8 millions d’habitants, dont 8,5 % est d’origine “non-occidentale”, comportait des risques à prévoir, dans une conjoncture pré-électorale.

Dans ce contexte assez tendu, il s’en est fallu que se manifeste à la mi-avril dans une zone à forte concentration de musulmans dans le quartier multiculturel de Norrebro à Copenhague, un certain Rasmus Paludan, fondateur en 2017 d’un parti xénophobe et ouvertement anti-islam, pour mettre le feu aux poudres.

Après deux jours de troubles, une imposante marche des musulmans du Danemark allait prendre un vendredi le départ des lieux mêmes où cet avocat de profession, youtuber de vocation et fondateur du parti Stram Krus “La Voie dure”, entendait brûler le Saint Coran, pour accomplir la prière d’Al Asr à la mythique place de Radhuspladsen, siège de la mairie de Copenhague.

Le long d’une procession pacifique de près de 2 km, les manifestants ont scandé des slogans appelant au respect de l’Islam, comme de toutes les autres religions, au rejet de la xénophobie et du racisme, à l’attachement aux valeurs de tolérance et du vivre-ensemble qui fondent le pays nordique, ainsi qu’au rétablissement de la loi sur le blasphème ou les injures à caractère religieux que le Parlement danois a abrogée en juin 2017.

Quoique condamné à deux semaines de prison avec sursis pour propos à caractère raciste, le controversé politicien youtouber, avide de photos et de vidéos le mettant en scelle, a réussi le pari de collecter, à la faveur d’une faille juridique, plus que les voix nécessaires requises pour se présenter aux prochaines législatives.

Alors que la classe politique conjecture, sans trop se soucier de l’émergence subite de cet “OVNI”, les musulmans du Danemark ont tendance à vaquer plus à leurs besoins spirituels, avec à la clé un remue-ménage général dans leurs mosquées et lieux de culte, accompagné de travaux de restauration et de mise à niveau comme c’est le cas à l’Institut Imam Malik, principale mosquée des Marocains du Danemark.

Dans l’entre-temps, les étals des marchés proposent des produits estampillés “halal” à l’adresse des consommateurs, alors qu’abondent sur les réseaux sociaux des offres en tous genres, confectionnées par des mains marocaines, avec passion et patience, sans aigreur aucune !

Par: MAP


ads after content
الإشهار 3
ARTICLES LIÉS

Poster un Commentaire

avatar
500